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Racim Benyahia : La BD dans la peau

ElWatan 19/12/2012 Par : Nouri Nesrouche

Peut-on honnêtement rester indifférent face à l’affiche du Fibda 2012 ? Un carrosse crépitant d’humour, des personnages fétiches du père Slim, clin d’œil à l’histoire de la BD façon DZ, et surtout un coup de crayon de grands maîtres.

Les 50 bulles du festival le plus déjanté d’Algérie ont été gratifiées par ce dessin publicitaire plein d’humour et de génie, œuvre du jeune Racim Benyahia. Une année auparavant, Racim avait été classé troisième au concours de la meilleure BD, mais ce n’est qu’en 2012, qu’il se révèle au grand public en remportant le concours de la meilleure affiche du festival. Un exploit qui lui met le pied à l’étrier et amorce une carrière de l’artiste, qu’il est, du haut de ses 25 ans. Né dans une famille d’artistes, Racim est venu naturellement au dessin, car il n’est autre que le fils du plasticien Ahmed Benyahia et neveu de Samta, l’artiste internationale.

Depuis sa tendre enfance, Racim est fasciné par la réussite de sa tante qui expose aux quatre coins du monde, dans les galeries les plus prestigieuses. Il se nourrit aussi du sacerdoce de son père qui, dit-il, «a sacrifié sa carrière pour nous nourrir». Mais Racim possède aussi ses propres ressources, ses propres ressorts, et un génie qui transpire de ses œuvres. Mal à l’aise devant des cours d’école qu’il trouve sans objectif ni intérêt, il cultive sa passion pour le dessin qui remonte aussi loin que ses souvenirs. Mais ce n’est qu’en 2003, qu’il décide de suivre les pas de son père en s’inscrivant à l’Ecole des beaux-arts de Constantine.

Le diplôme en poche, il part à l’assaut des boîtes de communication et exerce comme infographe. Mais le métier l’ennuie très vite, parce que, explique-t-il, monotone et limité par des lignes rouges imposées par la société conformiste et, par ricochet, dans les commandes. Un voyage en France lui offre cependant une bouffée d’oxygène qui va stimuler ses neurones et booster sa volonté de dessiner le monde selon Racim. En 2009, il assiste sa tante dans l’installation qu’elle produit au Rio Loco de Toulouse qui, cette année-là, était consacré aux artistes du Maghreb.

Calme comme un baobab, flegmatique et peu bavard, Racim se révèle à travers ses planches qui interrogent le monde, projections dans l’espace et le temps qu’il vit avec un détachement salutaire. Notre sujet est l’un de ces jeunes dont l’enfance a été volée durant la décennie noire, se réfugiant dans l’art au lieu de la violence. Une décennie qui demeure un sujet tabou pour l’âme encore blessée, mais accrochée cependant à un esprit vif, aspirant au «beau», débordant de vie et de fraîcheur, d’intelligence et de ferveur altruiste. D’où ses travaux universels souvent sombres et suintant le glauque : L’attaque de Ghaza, L’éventail de Duval, La sagesse de Thomas Jefferson, le tout en digital painting, une technique qu’il manie avec brio de la génération TIC. Racim se réjouit de la dynamique qui secoue les bulles algériennes et dont le Fibda est le cœur battant, en attendant que ses propres personnages quittent sa tête pour donner vie à son premier album.

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